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Species

Elly Strik

du 24 avril au 28 juin 2008

Première exposition personnelle à Paris de l’artiste néerlandaise, qui vit et travaille à Bruxelles. Peintures sur papier et dessins qui établissent un lien avec l’Origine des Espèces de Darwin. Des visages couverts de poils, des regards enfouis, une plume de paon dansante, de séduisantes figures féminines aux masques de gorilles. Images archétypales où intimité et monumentalité sont en interaction.

 

« …La (dé)figuration est sans doute une question importante du travail de l’artiste néerlandaise. Doublement défiguré, le visage l’est, par la persistance de caractères hérités des grands singes, et, dans les derniers dessins, par un enfouissement de plus en plus profond des reliefs du visage dans les incisions, boucles, anneaux, méandres du trait. Le graphite noircit le portrait jusqu’à l’effacement. Visage saturé de carbone ou annulé par des voiles, les représentations se confondent avec des surfaces de recouvrement : peaux, broderies, tresses, fourrures. Celles-ci retiennent, raptent ou gardent en réserve l’expression humaine – ainsi qu’il apparaît dans « Mémoire collective ». La tête de la femme est restée prisonnière de l’accouplement velu, mais non moins tendre, qui l’a engendré. Alors si l’humanité n’est pas dans le visage qui manque, elle est dans le dessin qui nous fait face. »

 

Extrait du texte Elly Strik de Gaëtane Lamarche-Vadel, www.lacritique.org (25 mai 2008),